Un dogme qui s’installe, une parole qui répond, une lucidité qui apaise.
Dans ce nouvel épisode de La Voix qui libère, le podcast de LES LETTRES LIBRES, nous recevons le Pr Bernard Rentier. Virologue et immunologiste, professeur honoraire de l’Université de Liège dont il fut le recteur de 2005 à 2014, docteur honoris causa de l’Université du Québec à Montréal, élu à l’Académie royale de Belgique en 2016, il est l’un des pionniers reconnus du libre accès à l’information scientifique.

Il y revient sur ce que la pandémie a révélé de nos institutions savantes. Une science en train de se faire, consommée par les médias et les décideurs comme une science déjà validée. Un rempart, entre la recherche qui se cherche et le savoir stabilisé, abattu au nom de l’urgence en mars 2020. Une évaluation par les pairs submergée, des rétractations qui ne rattrapent jamais la rumeur, et des frais de publication qui, dans les grandes revues, atteignent dix mille dollars et écartent les chercheurs les moins dotés.
Refusant le faux choix entre l’adhésion automatique au consensus et le soupçon généralisé, Bernard Rentier défend une position qu’il sait inconfortable, celle de la nuance. Choisir la nuance, dit-il, c’est être trop critique pour les uns et pas assez radical pour les autres, et c’est pourtant la seule position soutenable, scientifiquement et démocratiquement. Sa proposition tient en une exigence, l’humilité épistémique : baliser clairement ce qui est établi, ce qui émerge et ce qui reste incertain, pour reconstruire la confiance.
« Le problème n’est pas d’avoir ouvert, mais d’avoir confondu ouverture et fiabilité. » Bernard Rentier
« La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. » George Orwell, 1984.

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