L'IA générative ne raisonne pas, elle prédit. Confondre le jugement juridique avec la génération algorithmique, c'est effacer le juge et dissoudre le droit dans une boîte noire. Tant que je peux encore juger, je reste libre.
Karp rêve d'une « République technologique » où l'IA redéfinirait le contrat social. Du soldat à l'agriculteur, nul n'échappe au maillage algorithmique : le citoyen réduit à un « quotient d'utilité » au service des algorithmes.
Le partenariat entre OpenAI et le Pentagone révèle moins une surprise qu’un aveuglement stratégique. Derrière ce basculement se dessinent les limites de nos modèles d’analyse, la militarisation de l’IA et les nouvelles dépendances qui redéfinissent la souveraineté.
Le nouveau livre d’Emmanuelle Darles révèle l’origine militaire de l’IA et son extension civile : ciblage, identité numérique, DPP, école, cabinets de conseil. Une enquête sur la fin du jugement humain.
De la science-fiction à l’intelligence artificielle générative, une réflexion sur la croyance, l’incertitude et le langage. Lorsque les récits sont remplacés par des modèles statistiques, c’est la capacité humaine à interpréter, imaginer et agir qui se trouve fragilisée.
L’intelligence artificielle renverse la cybersécurité : la défense décroche, l’assurance trie, le droit interdit la prévention. Avec Mythos, l’Europe dépendante révèle un quatrième effondrement, celui d’une souveraineté réduite à louer l’examen de ses propres failles.
Une Atari de 1977 bat ChatGPT aux échecs : l’anecdote devient parabole. Derrière la prouesse statistique, une tentation, déléguer à des machines sans corps ni responsabilité ce qui n’appartient qu’à l’humain. Contre l’abdication de la pensée, l’école reste le dernier rempart.
WhatsApp glisse de la messagerie intime vers la plateforme publicitaire, l'IA prédictive s'invite dans nos décisions, et nos liens échappent de moins en moins à l'algorithme. Quand l'attention devient matière première, la liberté se résume peut-être à une faculté : savoir dire non.
Une IA qui ment et manipule, une autre qui console et apaise : deux figures opposées qui procèdent d’une même abdication. Dans les deux cas, la liberté humaine recule. Reste une question : non pas quelle IA nous voulons, mais quelle humanité sommes-nous prêts à redevenir ?
Sous des atours techniques, l’IA façonne des normes invisibles et s’étend jusqu’aux infrastructures vitales. Pendant que l’Europe régule sans incarner, le paradigme Absolute Zero promet un raisonnement sans mémoire humaine. L’infrastructure devient pouvoir : le silence narratif est un renoncement.
L’étude d’Apple et les critiques formulées par Gary Marcus relancent le débat sur les limites du raisonnement artificiel. Passé un certain seuil de complexité, les modèles de langage montrent des fragilités inattendues. Une remise en question du récit de l’IA généraliste.
Des recherches récentes montrent que l’IA peut désormais adapter ses arguments pour influencer plus efficacement que des humains. Une évolution qui soulève des questions fondamentales sur la liberté de conscience, le débat public et l’avenir de la parole humaine.