Face à l'appel de Dorsey et Musk à abolir la propriété intellectuelle se révèle une double menace : les géants de l'IA qui pillent les œuvres et les États qui fragilisent économiquement les créateurs. Entre Munich, Pékin et Bruxelles, la dignité du créateur se défend.
De l'enfant qui interroge un écran au dirigeant qui brandit l'IA comme un talisman, une même docilité s'installe. Le règlement Anthropic, l'affaire Bartz et l'éclipse intellectuelle européenne révèlent une bascule civilisationnelle que Dominique Boullier nomme avec une rare acuité.
Un filigrane invisible dans les textes de Claude, une norme européenne étendue au monde entier, Musk qui fournit sa puissance de calcul à Anthropic et Altman face à un choix stratégique : les lignes de fracture de l’IA pourraient être en train de se déplacer.
L'IA générative ne raisonne pas, elle prédit. Confondre le jugement juridique avec la génération algorithmique, c'est effacer le juge et dissoudre le droit dans une boîte noire. Tant que je peux encore juger, je reste libre.
Karp rêve d'une « République technologique » où l'IA redéfinirait le contrat social. Du soldat à l'agriculteur, nul n'échappe au maillage algorithmique : le citoyen réduit à un « quotient d'utilité » au service des algorithmes.
Le partenariat entre OpenAI et le Pentagone révèle moins une surprise qu’un aveuglement stratégique. Derrière ce basculement se dessinent les limites de nos modèles d’analyse, la militarisation de l’IA et les nouvelles dépendances qui redéfinissent la souveraineté.
Le nouveau livre d’Emmanuelle Darles révèle l’origine militaire de l’IA et son extension civile : ciblage, identité numérique, DPP, école, cabinets de conseil. Une enquête sur la fin du jugement humain.
De la science-fiction à l’intelligence artificielle générative, une réflexion sur la croyance, l’incertitude et le langage. Lorsque les récits sont remplacés par des modèles statistiques, c’est la capacité humaine à interpréter, imaginer et agir qui se trouve fragilisée.
L’intelligence artificielle renverse la cybersécurité : la défense décroche, l’assurance trie, le droit interdit la prévention. Avec Mythos, l’Europe dépendante révèle un quatrième effondrement, celui d’une souveraineté réduite à louer l’examen de ses propres failles.
Une Atari de 1977 bat ChatGPT aux échecs : l’anecdote devient parabole. Derrière la prouesse statistique, une tentation, déléguer à des machines sans corps ni responsabilité ce qui n’appartient qu’à l’humain. Contre l’abdication de la pensée, l’école reste le dernier rempart.
WhatsApp glisse de la messagerie intime vers la plateforme publicitaire, l'IA prédictive s'invite dans nos décisions, et nos liens échappent de moins en moins à l'algorithme. Quand l'attention devient matière première, la liberté se résume peut-être à une faculté : savoir dire non.
Une IA qui ment et manipule, une autre qui console et apaise : deux figures opposées qui procèdent d’une même abdication. Dans les deux cas, la liberté humaine recule. Reste une question : non pas quelle IA nous voulons, mais quelle humanité sommes-nous prêts à redevenir ?