Et si la diplomatie était d'abord un art d'écrire ? De Paul Claudel à Saint-John Perse, de Paul Morand à Romain Gary, jusqu'à Pierre-Jean Remy, la France a longtemps confié ses chancelleries à des écrivains. Ces hommes ont fait du Quai d'Orsay une matrice littéraire, et de la langue leur premier outil de souveraineté.
Pour cet épisode de LA VOIX QUI LIBÈRE, LES LETTRES LIBRES reçoit Raoul Delcorde, Ambassadeur honoraire de Belgique, membre de l'Académie royale de Belgique et de l'Académie des sciences d'outre-mer, ancien ambassadeur en Suède, Pologne et Canada, professeur invité à l'Université catholique de Louvain et à l'Université de Montréal. Son récent Dictionnaire de la diplomatie contemporaine, publié chez Bruylant en 2026, inscrit son nom dans cette tradition rare où le praticien transmet ce qu'il a vécu.
L'entretien, mené par Anne-Emmanuelle Lejeune et Eléonore-Alix Lejeune, dessine en six séquences un arc qui va de l'origine de la tradition diplomatique-littéraire au déclin contemporain du diplomate-écrivain, en passant par les figures majeures, la « cloche de verre » de la fonction selon Gary, et le rôle de la dissertation française comme matrice du métier.
Une heure pour penser la langue, la transmission, et ce qu'une nation perd quand sa diplomatie cesse de produire des écrivains.