L’IDÉAL TRAHI DE LA PRESSE LIBRE
À la Libération, la France avait pourtant voulu tourner la page. La loi Bichet de 1947, la création de la Société nationale des entreprises de presse, ou encore la restructuration de l’AFP, témoignaient d’une volonté commune de garantir une presse pluraliste, accessible, affranchie des puissances d’argent comme des tutelles politiques. Cet idéal, partagé par l’État et la Fédération nationale de la presse française, semblait alors réalisable.
Mais que reste-t-il aujourd’hui de cette ambition ? La concentration croissante des médias dans les mains de quelques groupes industriels, les pressions économiques, la dépendance accrue aux subventions publiques, tout cela fragilise leur rôle de contre-pouvoir.