Belge, enseignante de français depuis 1994 sur deux continents, autrice d'articles publiés depuis 2015. Une conviction : l'analyse est un acte politique. Ici, les mots servent la lucidité.
L’IA sait déjà écrire, coder, prédire et imiter. Mais sait-elle instituer ce qui mérite d’avoir de la valeur ? Oussama Ammar confronte puissance technique, goût, confiance, désir et réel pour interroger ce qui reste à l’humain quand la machine progresse partout.
De la Salpêtrière à Camille Claudel, l’histoire de la psychiatrie révèle aussi une lutte pour le droit de nommer les femmes. Quand les dossiers médicaux parlent à leur place, leurs lettres, mémoires et œuvres restituent une parole que le diagnostic n’a jamais entièrement abolie.
De Bernays à Ellul, de la novlangue aux algorithmes, la propagande ne commande plus seulement les opinions : elle organise les cadres du pensable. Quand le langage, la peur et la technique façonnent le réel, où subsiste la liberté ?
De la vibration sonore aux équations de Dirac, l’IA bouleverse la musique et gagne désormais les mathématiques. Création, droit d’auteur, Tesla, Navier-Stokes : qui possédera demain la grammaire du réel ?
DE L’APPRENTISSAGE AU CONDITIONNEMENT : UNE FICTION SUR L’ENFANCE
À l’autre bout du spectre, Emmanuel Moyrand a proposé en août 2025 une fiction prospective mettant en scène une
De la synarchie à la bureaucratie algorithmique, la volonté de tout prévoir transforme le réel en système à contrôler. Face à cette rationalité en surchauffe, la simplicité redevient une méthode de discernement, une reconquête du jugement et de la liberté.
L’IA ne se contente plus d’automatiser les attaques. Chatbots de rançongiciel, mémoire numérique, clonage vocal et exfiltration de données déplacent la cybersécurité vers un enjeu plus profond où confiance, identité et autonomie deviennent elles-mêmes des surfaces d’attaque.
La guerre cognitive ne vise plus seulement nos opinions, mais les mécanismes mêmes du jugement. IA, désinformation, opérations psychologiques et neurotechnologies transforment l’esprit en champ de bataille, jusqu’à interroger la démocratie sur les limites de sa propre défense.
Le management ne serait pas une simple technique d’entreprise, mais une forme de gouvernement des sociétés modernes. Baptiste Rappin retrace sa généalogie cybernétique, de l’organisation à l’IA, et interroge ce qu’elle fait à l’homme, au politique et aux institutions.
À force de déléguer à l’IA l’écriture, la mémoire et le raisonnement, gagnons-nous du temps au prix de notre autonomie cognitive ? Du MIT à l’université, les études dessinent une même alerte : l’assistance peut devenir substitution, puis dépendance.
L’Europe réglemente le numérique mais dépend encore largement d’infrastructures, de clouds et d’outils extra-européens. Fabrice Willot analyse le Shadow AI, la réversibilité et le moment où une dépendance technologique devient politique.
Pensée radicale, décret sur les armes, tentation policière, exception européenne : la démocratie française se découvre sous tension. Le recul du SNVU rappelle pourtant que ses contre-pouvoirs peuvent encore corriger l’excès.