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LETTRE AUX LECTEURS DE LES LETTRES LIBRES

Trois mois après sa naissance, LES LETTRES LIBRES tient debout. Sa fondatrice annonce une opération le 30 juin et un rythme allégé le temps de la convalescence.

Galeries Royales Saint-Hubert de Bruxelles en noir et blanc, et portrait d’Anne-Emmanuelle Lejeune, fondatrice de LES LETTRES LIBRES.
Derrière chaque article se trouvent des choix, des renoncements, des heures de travail et une fidélité à une certaine idée de la liberté intellectuelle. Cette lettre en ouvre les coulisses

Chères lectrices, chers lecteurs,

LES LETTRES LIBRES est né il y a trois mois.

Trois mois seulement, et déjà tant de textes, de voix, de dossiers, de rencontres, d’alertes, de controverses, de fidélités nouvelles. Trois mois pour donner corps à une intuition ancienne : celle d’un média francophone indépendant, libre dans ses choix, rigoureux dans ses sources, soucieux de relier ce que l’époque fragmente.

LES LETTRES LIBRES relie ce que l’actualité sépare.

C’est notre raison d’être. Un média francophone indépendant pour comprendre les pouvoirs, les récits, les technologies et les effacements contemporains.

LES LETTRES LIBRES n’est pas né d’un effet de mode, ni d’un réflexe d’opinion. Ce média est né d’un travail long, souvent invisible, mené pendant près d’un an avant même l’ouverture du site. Il est né d’une conviction simple : il faut encore des lieux où penser ne signifie pas répéter, où critiquer ne signifie pas se moquer ou haïr, où douter ne signifie pas délirer, où la langue demeure un instrument de précision, de liberté et de responsabilité.

Je porte aujourd’hui ce média comme fondatrice, directrice de publication, autrice, éditrice, coordinatrice éditoriale, préparatrice des podcasts, interlocutrice des invités, et parfois, je l’avoue, inspectrice très attentive des travaux finis.

À mes côtés, ma fille, Eléonore-Alix Lejeune, est la partenaire publique de nos vidéos et la responsable de la rubrique Littérature. Elle mène ce rôle avec une intelligence, une grâce et une exigence qui m’émeuvent, tout en poursuivant ses études de droit en espagnol, dont elle vient de terminer la deuxième année avec plus de 90 % de moyenne. Elle incarne déjà ce que LES LETTRES LIBRES veut défendre : une culture vivante, une pensée disciplinée, une liberté qui ne renonce jamais à la forme.

Si je vous écris aujourd’hui, c’est aussi par loyauté.

LES LETTRES LIBRES est né dans des conditions de vie personnelle et de santé qui n’étaient pas optimales. J’ai tenu, autant que possible, parce qu’un média ne se construit pas dans l’idéal, mais dans le réel. Or le dossier médical devrait, en grande partie, trouver une issue mardi 30 juin, puisque je serai opérée ce jour-là. Cette opération attendue devrait me permettre de refermer une période de fièvre quotidienne et d’entrer dans une convalescence nécessaire.

Le 30 juin, jour de mon opération sous anesthésie générale, paraîtra un article de fond auquel je tiens particulièrement : une analyse approfondie d’un ouvrage récemment paru sur l’intelligence artificielle. Je tenais à ce que ce rendez-vous soit tenu.

Le média continuera de vivre pendant cette période. Des textes paraîtront, les réseaux resteront actifs, les podcasts et les dossiers déjà engagés suivront leur cours autant que possible. Mais je vous demanderai, pendant quelques jours, un peu d’indulgence.

Je ne pourrai pas tout vérifier avec la même vigilance. Je ne pourrai pas reprendre chaque détail, relire chaque ligne, contrôler chaque publication comme je le fais d’ordinaire. Il pourra y avoir un rythme un peu différent, une réponse moins immédiate, une imperfection de forme que j’aurais normalement corrigée avant même qu’elle n’apparaisse.

Je préfère vous le dire simplement : LES LETTRES LIBRES continuera, mais sa fondatrice devra, pour une fois, accepter de ne pas tout porter à bout de bras.

Cette maison éditoriale est jeune. Elle grandit vite. Elle apprend encore ses gestes, ses horaires, ses forces, ses fragilités. Mais elle est déjà debout, parce qu’elle repose sur une exigence qui ne dépend pas d’un seul jour, ni d’une seule semaine : la liberté des voix, la légitimité des lois, la loyauté des choix.

Merci à celles et ceux qui nous lisent, nous soutiennent, nous relaient, nous corrigent parfois, nous encouragent souvent. Merci aux premiers abonnés, aux premiers invités, aux premiers lecteurs fidèles. Un média indépendant ne naît jamais seul. Il naît d’une parole qui s’élance, mais aussi d’une communauté qui consent à l’écouter.

Je vous retrouverai très vite avec la même exigence, la même liberté, et, je l’espère, un peu plus de force.

Avec gratitude,

Anne-Emmanuelle Lejeune
Fondatrice et directrice de publication
LES LETTRES LIBRES

Anne-Emmanuelle Lejeune

Anne-Emmanuelle Lejeune

Belge, enseignante de français depuis 1994 sur deux continents, autrice d'articles publiés depuis 2015. Une conviction : l'analyse est un acte politique. Ici, les mots servent la lucidité.

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